Le 1er septembre 2026, Valve a publié une mise à jour stable du client Steam, mais celle-ci n’apporte toujours pas la solution tant attendue: une bibliothèque unifiée entre Windows et Linux sans re-téléchargement systématique des jeux. L’année 2026 cache néanmoins des corrections en arrière-plan qui grignotent enfin ce problème vieux comme Steam Play.
Le changement principal de cette mise à jour concerne la possibilité de changer de compte pendant qu’un jeu tourne, avec un nouveau sélecteur de compte au démarrage et une confirmation simplifiée lors du changement de compte. Rien ne mentionne, dans les notes de version officielles, une préservation automatique des fichiers de jeux entre les deux systèmes d’exploitation.
Le problème technique, documenté depuis des années
Quand un jeu Windows et sa version Linux (ou sa version passée par Proton, la couche de compatibilité de Valve) partagent un même dossier sur une partition commune, Steam a longtemps supprimé tous les fichiers de jeux non pris en charge sur l’OS actuel avant de tenter de télécharger la version compatible. Pour certains titres comme Total War, cela représente des dizaines de gigaoctets qui repartent à chaque bascule entre systèmes.
Le contournement classique, documenté sur les forums Linux depuis une décennie, consiste à formater une partition en NTFS (seul système de fichiers lisible nativement par les deux OS) et à l’ajouter comme dossier de bibliothèque dans les deux installations de Steam. Mais cette solution s’accompagne d’une liste de problèmes: permissions Unix mal gérées sur NTFS, dossiers de compatibilité Proton (compatdata) appartenant à un seul utilisateur, ou jeux refusant de valider leurs fichiers.
Ce que 2026 a effectivement amélioré
En février 2026, un correctif du client bêta a réglé un bug affectant les volumineuses bibliothèques partagées entre systèmes: il faisait apparaître les jeux Proton comme « non valides sur la plateforme actuelle », ce qui contrevenait à l’objectif même de Proton. Des jeux parfaitement installés que Steam refusait soudain de reconnaître, avec la case redownload en prime.
Le pilote NTSync représente un chantier plus discret mais structurant. Intégré au noyau Linux dès mars 2025 et repris dans SteamOS 3.7.20 en mars 2026, il correspond davantage aux primitives de synchronisation de Windows NT pour apporter précision et bonnes performances, notamment pour les jeux Windows tournant sur Linux via une couche de compatibilité. Cela réduit les frictions techniques qui poussaient historiquement les joueurs à garder deux installations séparées plutôt qu’une seule bibliothèque partagée.
Un autre révélateur des obstacles restants: Valve a publié les premiers pilotes Windows officiels pour sa Steam Machine en juillet 2026. Ces pilotes transforment la console de salon en PC Windows 11 fonctionnel, mais sans conserver SteamOS en parallèle. L’installation de Windows nécessite un effacement complet du disque. L’assistant de partitionnement pour un vrai dual-boot reste en développement et doit arriver avec une future mise à jour de SteamOS. Même sur le matériel conçu par Valve lui-même, la cohabitation entre les deux mondes n’est toujours pas au point.
La solution qui fonctionne aujourd’hui
Pour limiter les dégâts en l’immédiat, la recette reste celle affinée par la communauté au fil des ans: une partition NTFS partagée ajoutée comme dossier de bibliothèque dans les deux installations.
