Catherine Ringer, chanteuse des Rita Mitsouko, s’est éteinte le 14 septembre 2026, terrassée par un cancer. Une séquence télévisée de 1986 reste gravée dans les mémoires: face à Serge Gainsbourg dans l’émission « Mon Zénith à moi » sur Canal+, elle avait affronté ses insultes sans fléchir, incarnant parfaitement le franc-parler qui la définissait.
C’est sur le plateau de Michel Denisot, en 1986, que tout bascule. Depuis quelques mois à peine, les Rita Mitsouko ont explosé les charts avec « Marcia Baïla ». Catherine Ringer, à peine 30 ans, est invitée à raconter son parcours. Le présentateur l’interroge sur une période oubliée de sa carrière: ses films pornographiques tournés entre les années 1970 et 1980. Une vingtaine de films. Elle répond sans détour: « Je n’ai jamais fait du soft, j’ai toujours refusé de poser dans Lui ou Playboy, je trouve ça minable. Je ne faisais que du hardcore ». Elle décrit ses scènes avec une précision qui ne cache rien.
Gainsbourg attaque, Ringer contre-attaque
C’est alors que Serge Gainsbourg, assis dos à elle sur le plateau, lâche son premier trait: « Vous êtes une pute ». Il répète, sans même se tourner vers elle. Catherine Ringer ne cille pas. « Oui, si vous voulez, ça a sans doute à voir avec ça », répond-elle calmement. Gainsbourg y va plus fort: « Vous êtes une pute, vous êtes une putain ». Puis, méprisant: « Vous vous êtes fait baiser par la caméra. Vous êtes dégueulasse ». Elle réplique: « Que ce soit dégueulasse, c’est possible ».
Cette acceptation nonchalante le déstabilise. Gainsbourg se tourne enfin vers elle, indigné: « Ah, bah alors vous êtes dégueulasse! ». Elle riposte: « C’est vrai que c’est dégueulasse. Ça, c’est l’aventure moderne, d’arriver à faire des trucs dégueulasses ». Il proteste, plein de morgue: « Non, non, non, l’aventure moderne n’est pas dégueulasse. Nous avons des éthiques ». « Vous, vous êtes le dégueulasse type! », lâche-t-il.
Jusque-là, Catherine Ringer a refusé de le dénigrer. Cette fois, elle fond. « Mais vous, vous avez l’air d’un vrai dégueulasse. Quand j’étais petite, tout le monde disait ça de vous, que vous sentiez mauvais et tout ça… ». Gainsbourg se retranche: « J’ai jamais montré ma queue ». Elle le confronte sur son ton moralisateur: « Arrêtez de me faire la morale, alors que vous, vous êtes le dégueulasse type. On ne comprend même pas ce que vous dites quand vous parlez ».
La menace
L’affrontement atteint son paroxysme. Gainsbourg menace ouvertement: « Vous allez prendre deux baffes dans la gueule, ça va être vite fait. Vous êtes une salope et vous êtes une putain ». Tout au long du clash, Catherine Ringer reste maîtresse d’elle-même. Quand Gainsbourg tente une dernière attaque personnelle sur son physique, elle répond encore avec humour.
Cette séquence, qualifiée à l’époque de simple « numéro de provocation », résume l’artiste qu’elle a toujours été. Irrévérencieuse, cash, sans peur. Une attitude qu’elle a confirmée des décennies plus tard, en mars 2024, lorsqu’elle a chanté une Marseillaise féminisée à la cérémonie de constitutionnalisation de l’IVG: Emmanuel Macron en a été rembarré.
