Cinq films à explorer au cinéma cette semaine: du documentaire en relief sur le photographe Lartigue à la comédie de couple « L’Invitation » avec Penélope Cruz, en passant par le thriller psychologique « Histoires de la nuit » et le drame sur l’emprise « Si tu penses bien ».
La programmation de la semaine du 15 septembre 2026 mêle genres et tonalités. Le choix dépend de vos envies: revivre des souvenirs de famille, explorer les zones d’ombre du couple ou décortiquer les mécanismes de la manipulation.
La Vie en relief: un enchantement 3D
Le documentaire de Denis Gaubert se projette en trois dimensions. Il revisite les photographies du jeune Jacques Henri Lartigue, prise entre 1903 et 1929. Ces images de sa cousine bondissant dans un escalier, capturées par stéréoscopie, reprennent vie. Gaubert raconte en filigrane le destin romanesque d’une famille peu ordinaire, restituant l’effet visuel que le photographe recherchait dès ses débuts. Durée: 1 h 20. Note du Figaro: 3,5/4.
Histoires de la nuit: thriller de famille
Léa Mysius adapte le roman de Laurent Mauvignier paru en 2020. Deux maisons dans un hameau isolé. Cristina, peintre mélancolique incarnée par Monica Bellucci, habite l’une. L’autre accueille la famille Bergogne: Thomas (Bastien Bouillon), éleveur endetté; Nora (Hafsia Herzi), responsable d’un pôle d’urbanisme. Chacun prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora. Ce qui suit emprunte aux codes du « home invasion movie », sous-genre du thriller. Mysius ne possède pas le sadisme de Michael Haneke. Elle creuse un sillon entre film de genre et naturalisme, jouant avec les nerfs du spectateur. Durée: 1 h 54. Note du Figaro: 3/4.
Si tu penses bien: l’emprise en détail
Géraldine Nakache signe son entrée dans le drame. Monia Chokri incarne Gil, femme rencontrée à Dubaï par Jacques (Niels Schneider). Lui travaille beaucoup, parle anglais au téléphone, bascule du doucereux à l’insulte. Gil se plie à ses désirs. Nakache dresse un panorama de six ans de vie conjugale, décortiquant les mécanismes du pervers narcissique. Le spectateur étouffe avec elle, envahi de l’envie de lui crier de partir. Loin de la comédie habituelle de Nakache, ce film marque un tournant. Durée: 1 h 34. Note du Figaro: 3/4.
L’Invitation: comédie de couple débridée
Olivia Wilde réunit Angela (elle-même) et Joe (Seth Rogen), couple qui vient de rénover son appartement de San Francisco. Ils invitent leurs voisins Pina (Penélope Cruz) et Hawk (Edward Norton). Angela se démène pour la table parfaite. Joe râle à l’idée de recevoir ce couple dont les ébats l’empêchent de dormir et aggravent son mal de dos. Autour d’un soufflé raté et d’une charcuterie, surgissent révélations brutales sur leur relation et discussions sur le désir. Le film déborde d’énergie, d’imprévus mordants, de quiproquos. Durée: 1 h 47. Note du Figaro: 3/4.
Sham: procès au Japon
Takashi Miike signe un film de procès implacable. Il raconte l’histoire vraie d’un instituteur accusé en 2003 par une mère d’avoir harcelé son fils. L’accusation déclenche un scandale médiatique et un retentissant procès. Yabushita, enseignant respecté, affirme son innocence. Peu à peu, le sol se dérobe sous lui. Collègues et hiérarchie le fuient. Miike exploite la tradition japonaise qui oblige à s’excuser pour tout, avec une acuité chirurgicale. Le film fonctionne comme un miroir: dans nos sociétés, la vérité ne vaut que par le nombre de ceux qui y croient. Durée: 2 h 09. Note du Figaro: 2,5/4.
