Des dinosaures en chair et en os débarquent dans une tranquille banlieue américaine avec Anne Hathaway et Ewan McGregor. La Fin d’Oak Street, sorti le 12 août 2026, s’inscrit dans une longue tradition hollywoodienne: celle des monstres qui envahissent les quartiers résidentiels et détruisent le rêve américain des familles qui les habitent.
David Robert Mitchell, qui avait d’ores et déjà sublimement exploré ce registre avec son premier long-métrage It Follows, revient à cette formule éprouvée. Mais cette fois, au lieu de tueurs en série ou d’extraterrestres, ce sont des créatures du Jurassique – stégosaures, vélociraptors, spinosaures et T-Rex – qui sèment la terreur. Le réalisateur a écrit, réalisé et produit ce projet de plus de 85 millions de dollars pour Warner Bros., un contrôle créatif devenu de plus en plus rare dans les grosses productions du studio.
Une famille ordinaire face à l’extraordinaire
Au cœur du film: Denise et Greg, incarnés par Anne Hathaway et Ewan McGregor, un couple autrefois heureux mais désormais au bord du divorce. Leurs deux adolescents, Audrey et Brian, mènent une vie normale – l’un joue avec ses copains, l’autre rêve d’astronomie. Jusqu’à cette nuit où un intense flash lumineux englobe tout le quartier d’Oak Street. À l’aube, plus d’eau, plus d’électricité. Et surtout, des dinosaures qui se cachent dans les fourrés. Pour la petite famille, il ne reste qu’une chose à faire: survivre ou finir dévorée.
Ce scénario s’inscrit dans une longue généalogie cinématographique. De E. T. aux Gremlins en passant par Les Griffes de la nuit, ou plus récemment la série Stranger Things, les films Évanouis ou The Last House (sorti il y a quelques jours sur Netflix): ces rues pavillonnaires où aucun brin d’herbe ne dépasse sont le symbole d’une réussite matérielle et sociale. Mais la nuit glisse toujours un corps étranger, bizarre, monstrueux, qui tue, kidnappe, terrifie. Le lâtre petit royaume de sécurité et le rêve américain explosent en mille morceaux.
L’ambition dispersée d’un film sans direction claire
La Fin d’Oak Street se veut un film d’aventures mêlant fantastique, survivalisme et drame familial, tout en s’essayant à l’humour potache. Mais à vouloir explorer tous ces registres, le film s’éparpille et refuse de choisir une destination claire. Il finit par bâcler la quasi-totalité de son intrigue par une succession de scènes très convenues.
Le scénario ne joue ni à fond la carte du survivalisme – le quartier est isolé, les voisins se font dévorer, les placards sont presque vides – ni celle du fantastique, puisqu’il se refuse à toute exploration véritable de ses concepts. Les parents sont confrontés à leurs propres failles: l’un est sans emploi, l’autre écrit un roman en cachette. Mais les adolescents n’ont d’autres rôles narratifs que celui d’être… des adolescents, ce qui en fait des personnages très oubliables.
Et bien que ces dinosaures aient bel et bien des plumes – plusieurs paléontologues s’étaient plaints de l’irréalisme de ceux présentés dans Jurassic Park – il leur manque beaucoup de magie. Sans doute parce que la caméra ne prend jamais le temps de s’attarder sur leurs corps immenses qui renversent des balançoires et écrasent tout. Pourtant, les effets spéciaux numériques ne sont pas si mauvais, et les acteurs parviennent plutôt bien à interagir avec ces fonds verts omniprésents.
Spielberg, Abrams et la nostalgie des années 1980
Après le très remarqué It Follows, présenté à la Semaine de la critique à Cannes en 2017, David Robert Mitchell avait réalisé Under the Silver Lake, une traque paranoïaque et mystérieuse dans un Los Angeles façon David Lynch. Mais l’accueil critique et commercial désastreux de ce long-métrage avait été suivi d’une longue traversée du désert hollywoodienne pour le cinéaste.
Cette fois, il est épaulé par J. J. Abrams – réalisateur de Star Wars VII en 2015, Star Wars IX en 2019 et Star Trek en 2009 – et sa société de production Bad Robot. David Robert Mitchell assume ouvertement ses influences: les années 1980, la nostalgie, l’enfance et le fantastique. Steven Spielberg est multiréférencé, et le film ressemble à une invasion des dinosaures de Jurassic Park dans le quartier résidentiel de E. T. l’extraterrestre.
Très classique dans sa mise en forme et sa narration, parachevée par un filtre sépia sur la pellicule comme “voyage vers les années 1980”, La Fin d’Oak Street demeure un bon film pop-corn par son concept. Son intégration des dinosaures à l’environnement des humains s’avère bien plus crédible que les expérimentations des derniers Jurassic World. Le film doit son salut à son drôle de bestiaire préhistorique et son petit côté parc d’attractions. Mais c’est, à peu près, tout.
Une fiche technique au service d’une grande production
Titre: La Fin d’Oak Street
Réalisation: David Robert Mitchell
Avec: Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella
Genre: Action, Aventure, Science-fiction
Pays: États-Unis
Durée: 1 heure 40
Sortie: 12 août 2026
Distributeur: Warner Bros.
Lorsqu’un mystérieux événement cosmique arrache Oak Street à sa paisible banlieue et la transporte vers un lieu inconnu, la famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il lui faudra rester unie pour survivre – du moins, c’est ce que le synopsis promet.
Sources
- The End of Oak Street – Wikipedia
- Anne Hathaway and Ewan McGregor Run from Dinosaurs in Mysterious End of Oak Street Trailer
- La fin d’Oak Street – Film 2026 – AlloCiné
- “The End of Oak Street”: Anne Hathaway & Ewan McGregor Face Dinosaurs in Wild Thriller For David Robert Mitchell’s New Film – The Credits
- The End of Oak Street
