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Rentrée littéraire septembre 2026 : 461 romans, enquêtes familiales et voyages en terres troublées

La rentrée littéraire de septembre 2026 compte 461 nouveaux romans, chiffre en légère baisse comparé à 2025. Parmi cette offre, plusieurs titres se distinguent par leur approche singulière: des enquêtes familiales sur les scandales médicaux, des voyages en Russie autoritaire, des explorations du Liban contemporain, ou des plongées dans le Rwanda d’avant le génocide.

Polina Panassenko revient avec À voix haute (éditions de l’Olivier, 260 pages, 19,50 euros), son deuxième roman après le prix Femina des lycéens remporté par Tenir sa langue en 2022. Le récit suit une narratrice de 20 ans qui quitte la France pour rejoindre son grand-père et entrer à l’École du théâtre national de Moscou. Elle y découvre une institution culturelle « sclérosée, emprisonné dans des pratiques guindées et désuètes », tandis que la jeunesse manifeste contre la réélection de Vladimir Poutine. Le roman explore aussi la mécanique de la terreur soviétique: à partir d’une photo de son arrière-arrière-grand-père, Ivan Evdokimovitch Rebizov, l’autrice remonte l’histoire des goulags et de leurs millions de morts. Le style mêle empathie et humour dans une quête de mémoire contre l’oubli.

Sabyl Ghoussoub et le Liban troublé

Sabyl Ghoussoub, qui a reçu le Goncourt des lycéens en 2022 pour Beyrouth-sur-Seine, publie Mon imam (éditions Stock, 20,90 euros). Le roman s’inspire du personnage de Moussa Sader, philosophe et leader religieux chiite qui a disparu il y a quarante-huit ans lors d’une visite en Libye. Ghoussoub mêle fiction et récit intime pour explorer un Liban complexe, empêché, traversé par la guerre au Moyen-Orient. Son approche refuse les tabous: il imagine Sader désenturbanné, vivant des jours paisibles avec une Italienne, tout en naviguant entre réalité historique et liberté narrative.

Alexandrine Descotes et le scandale du Distilbène

Le Nénuphar d’Alexandrine Descotes (éditions Le Bruit du monde, 208 pages, 19 euros) enquête sur l’impact du Distilbène, un œstrogène de synthèse prescrit entre 1948 et 1977 en France à environ 200 000 femmes enceintes pour prévenir les fausses couches et les accouchements prématurés. L’autrice remonte à son grand-mère Colette et son grand-père Gérard, dont le fils est né le 27 mars 1957 à la maternité Édouard-Herriot avec une malformation très rare et handicapante. Décrite comme une autofiction sensible, l’œuvre enquête sur les silences familiaux et la honte transmise, avant de revendiquer la fierté envers son père.

Dorcy Rugamba et le Rwanda perdu

Dorcy Rugamba, dramaturge, acteur et metteur en scène, signe Les Enfants gâtés de Butare (éditions JC Lattès, 236 pages, 20,90 euros). Le roman est situé à Butare, ville rwandaise des années 1980 où « les poètes sont vénérés et les soldats moqués ». Le protagoniste Binwa y retourne régulièrement pour rembobiner ses souvenirs de jeunesse aux côtés de camarades comme Hamza, Selemani, Belize et Rose. Le récit capture un Rwanda insouciant, antérieur au génocide, par une écriture imagée qui restitue une « réalité disparue » et des « destins fracassés ».

Romain Slocombe et les derniers jours de la République

Un été de trahison de Romain Slocombe met en scène quatre femmes aux convictions divergentes à Neuilly-sur-Seine lors de ce que la source décrit comme « les huit derniers jours de la République »: une aviatrice profasciste, une infirmière communiste, une lycéenne gaulliste et une veuve opportuniste. Le roman capture un moment de basculement politique, dont le détail demeure tronqué dans le matériel disponible.

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