Toei Animation dément avoir accordé sa licence pour un parc à thème Dragon Ball en Île-de-France. L’annonce faite le 24 août par Emmanuel Macron et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salman prévoyait trois parcs à Cergy-Pontoise pour 6 milliards d’euros d’investissement, mais les détenteurs des droits japonais affirment n’avoir rien signé.
La société Toei Animation a publié un communiqué en japonais en début de semaine: « Certains médias ont rapporté qu’une “décision a été prise de construire un parc à thème Dragon Ball en France”. Ni notre société ni aucune des sociétés détenant des droits sur cette propriété n’ont accordé de licence en lien avec ce projet. » Bandai Namco Entertainment, ayant droit potentiel, a refusé de commenter vendredi 4 septembre. Shueisha, l’éditeur japonais du manga, a déclaré n’avoir rien à voir avec ce projet.
L’origine de l’annonce
Le 24 août, Macron et Ben Salman ont annoncé ensemble la construction des trois parcs à Cergy-Pontoise, à 35 kilomètres au nord-ouest de Paris. Une conseillère du président français avait alors indiqué que le projet « est né d’une discussion entre le président de la République et le prince héritier », découvrant leur « passion commune » pour les mangas « et notamment Dragon Ball Z ». Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, avait fait savoir qu’elle travaillait « depuis dix-huit mois » sur ce projet.
Les investisseurs tentent de relativiser
Qiddiya Investment Company (QIC), la société saoudienne propriété du fonds souverain qui va investir, préfère parler de « discussions en cours avec de grandes marques internationales détentrices de licences ». Un spécialiste du secteur rapporte que QIC « a une relation solide et de confiance avec Toei et n’aurait aucun intérêt à ce qu’on lui force la main pour un accord en France ». La même source précise que QIC « respecte les droits et les relations de Toei ».
Toei Animation a également relevé que les illustrations diffusées par certains médias « sont celles publiées lors de l’annonce en mars 2024 » par QIC et Toei sur Qiddiya City, le premier parc Dragon Ball au monde en Arabie saoudite. Ces images « concernent le parc » prévu en Arabie saoudite et « n’ont absolument aucun lien » avec un projet en France.
Retrait prudent des autorités françaises
Vendredi lors d’un point de presse à Tokyo, Eléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie et des partenariats internationaux, a pris ses distances. « Le nom qui a circulé n’est pas un nom que le président de la République, que l’Elysée ou que le gouvernement auraient mis en avant. À ce stade, ce que je peux vous dire, c’est que ce serait un parc sur les mangas et pas nécessairement sur tel ou tel manga. »
Valérie Pécresse, elle, a estimé vendredi sur BFM-TV que ce projet restait « une excellente nouvelle ». Concernant les démentis des ayants droit japonais, « ça n’a pas d’impact sur le projet », selon elle. « Il s’agit de négocier des droits avec des ayants droit. Ça, c’est la responsabilité des porteurs de projet qui vont le faire tranquillement », a-t-elle ajouté.
