Zach Cregger, réalisateur du succès d’horreur Evanouis (2025), prend la direction de Resident Evil, adaptation cinématographique de la franchise vidéoludique. Son approche transforme le matériel zombie en récit tendu d’une nuit chaotique, renouant avec le cinéma de genre des années 1980.
Un an après avoir impressionné avec son premier long-métrage d’horreur, Cregger se confronte à l’univers épuisé de la saga zombie. Les six films de Paul W. S. Anderson (2002-2016) avaient saturé le marché; le reboot de 2021 (Resident Evil. Bienvenue à Raccoon City) n’avait laissé aucune trace mémorable. Le défi était de ranimer une franchise usée.
Une nuit de débâcle sur route enneigée
Cregger abandonne l’architecture narrative fragmentée d’Evanouis pour construire un fil continu. Le film suit Bryan (interprété par Austin Abrams), coursier médical maladroit et immature, qui accepte une livraison nocturne vers un établissement hospitalier lointain. Au moment où il prend la route, sa petite amie lui annonce sa grossesse par téléphone, ajoutant un poids émotionnel à sa mission.
Sur une route enneigée, Bryan heurte une femme apparaissant du bas-côté. Cet accident le dévie vers une ferme isolée où règne une épidémie étrange: les habitants se transforment, développant des tentacules. Ce qui débute comme un accroc mineur devient chaîne d’obstacles. Bryan doit naviguer entre zones dévastées et épreuves de survie, sans perdre de vue sa livraison initiale.
L’horreur étagée du film de route nocturne
La structure renoue avec After Hours (Martin Scorsese, 1985), où chaque étape produit une complication nouvelle, chacune exponentiellement plus grave. Transposée en territoire zombie, cette mécanique accumulative crée tension et absurdité: un livreur ordinaire pris au piège dans l’apocalypse, tenant bon sa commande comme un principe d’ordre personnel face au chaos.
Cregger poursuit ainsi son exploration des trajectoires horrifiques entamée avec Evanouis, mais en la canalisant dans un moule franchisé. Le film ne renie pas ses origines ludiques; il les réinvente sous forme de nuit blanche d’épreuves, où la survie n’est jamais garantie et l’enjeu reste obstinément banal.
