Une rumeur virale affirme qu’une loi française interdirait bientôt la revente de cartes Pokémon à plus de 20 % de leur prix initial à partir de 2027. C’est faux. Aucune telle législation n’existe, et la DGCCRF confirme qu’aucun texte correspondant n’a été publié.
La publication affirmant cette interdiction a circulé près de 1,3 million de fois sur X, en septembre 2026. Elle prétendait notamment que revendre un produit neuf avec une marge supérieure à 20 % deviendrait « impossible et illégal ». L’affirmation était suffisamment précise pour paraître crédible à première vue.
D’où vient cette fausse info?
Une pétition a effectivement été déposée au Sénat en juillet 2025, réclamant un encadrement de la revente de produits scellés de collection, notamment les cartes Pokémon. Son auteur dénonce les achats massifs lors des sorties, suivis de reventes à des prix multipliant le tarif initial par deux à quatre.
Le texte de cette pétition allait bien plus loin qu’un simple plafond: il proposait de limiter les quantités achetées, de réserver certaines ventes à des professionnels agréés, et de créer un observatoire du secteur. Mais elle n’a jamais abouti. Fermée depuis, elle ne rassemble que 6 signatures, très loin des 100 000 nécessaires pour enclencher un processus législatif. De plus, cette pétition elle-même n’imposait pas précisément une limite de 20 %.
Qu’en dit la loi réellement?
Aucune législation française n’impose actuellement un plafond de revente ou de limite sur les marges commerciales. Un particulier qui vend occasionnellement un bien personnel peut fixer le prix qu’il souhaite, même si cela représente une plus-value importante.
La situation change si l’achat de produits vise explicitement la revente commerciale. Les revenus de cette activité deviennent imposables et relèvent d’obligations fiscales et administratives – mais là encore, pas de limite de 20 % sur la marge.
Pour les cartes Pokémon très chères, une taxe forfaitaire peut s’appliquer quand le prix de cession dépasse 5 000 euros: 6 % du prix de vente plus 0,5 % de CRDS. Le vendeur peut aussi opter pour l’imposition sur les plus-values mobilières. La majorité des cartes Pokémon se négocient toutefois très en deçà de ce seuil.
Pourquoi cette rumeur circule maintenant?
Pokémon célèbre les 30 ans de son jeu de cartes en 2026. Les produits anniversaire provoquent des tensions en magasin, avec des écarts importants entre les prix conseillés et ceux du marché secondaire. La pénurie actuelle alimenterait l’inquiétude autour du phénomène du scalping – ces achats massifs suivi de reventes à surcoût.
La spéculation sur les cartes rares existe bel et bien: en février 2026, une carte Pikachu Illustrator s’est vendue pour 16,5 millions de dollars. Mais cette réalité n’explique pas tout. La rumeur tombe à point nommé: elle répond à une frustration palpable autour de la disponibilité et des prix, suffisamment ancrage dans un vrai problème pour sembler plausible.
