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Non, une loi française n’interdit pas la revente de cartes Pokémon à plus de 20 % de marge

Une publication virale affirmant qu’une loi française interdirait bientôt la revente de cartes Pokémon au-delà de 20 % de marge a circulé massivement sur les réseaux. La DGCCRF a démenti: aucun texte de ce type n’existe ni n’a été enregistré au Journal officiel.

Le message, partagé plus de 1,3 million de fois en septembre 2026, présentait comme imminente une interdiction française visant le scalping sur les produits de collection. La DGCCRF a confirmé à TF1 Info qu’elle n’avait pas connaissance d’une telle loi en cours d’examen. Aucun texte correspondant n’a été publié.

Ce que la loi française permet réellement

Actuellement, la législation ne fixe aucun plafond à la marge que peut réaliser un particulier lors de la vente occasionnelle d’un bien personnel. Si quelqu’un achète un produit 100 euros et le revend 150 euros quelques jours plus tard, cette plus-value de 50 % ne viole aucune loi. Le prix de revente reste libre.

La distinction légale s’opère ailleurs: entre revendre occasionnellement ses affaires personnelles et exercer une activité commerciale. Dans ce dernier cas, l’acheteur investit dans des stocks destinés à être revendus. Bercy différencie explicitement ces deux situations. Une activité commerciale entraîne des obligations fiscales et administratives, mais aucune limite générale de 20 % sur la marge n’existe pour autant.

Les vraies règles fiscales pour les cartes chères

Quand une carte Pokémon atteint un prix de vente supérieur à 5 000 euros, elle peut être classée comme objet de collection. Une taxe forfaitaire s’applique alors: 6 % du prix de vente, auxquels s’ajoutent 0,5 % de CRDS. Le vendeur peut également opter pour l’imposition sur la plus-value réalisée plutôt que sur le prix total. Bercy rappelle cependant que la grande majorité des cartes se négocie très loin de ce seuil. Les ventes à prix spectaculaire (quelques cartes extrêmement rares) ne représentent pas le marché.

D’où vient la rumeur?

Une pétition adressée au Sénat en juillet 2025 a bien demandé un encadrement de la revente de produits scellés de collection, avec les cartes Pokémon en exemple. Son auteur pointait les achats massifs suivis de reventes à deux ou quatre fois le tarif initial. La pétition proposait cependant bien plus qu’un simple plafond: limitation des quantités achetées, réservation de certaines ventes à des professionnels agréés, responsabilisation des plateformes, création d’un observatoire.

Cette pétition est aujourd’hui fermée et n’a recueilli que 6 signatures, très loin des 100 000 nécessaires pour arriver devant le Sénat. Elle n’a pas engendré de processus législatif. Surtout, elle ne proposait elle-même aucune limite précise de 20 %.

Le contexte réel du marché

Les 30 ans du jeu de cartes Pokémon, célébrés en 2026, provoquent effectivement une tension sur les stocks de produits anniversaire. Les écarts entre prix conseillé et tarifs du marché secondaire sont significatifs. Le phénomène de spéculation existe bien: en février 2026, la carte Pikachu Illustrator de Logan Paul s’est vendue 16,5 millions de dollars, établissant un record pour une carte à collectionner. Le marché attire aussi contrefaçons et fraudes – Logan Paul avait lui-même acheté en 2021 une boîte pour 3,5 millions de dollars avant de découvrir qu’elle contenait des cartes G. I. Joe.

Mais cette réalité de la spéculation ne justifie pas la rumeur d’une loi inexistante. La publication virale repose sur une confusion: il existe une demande politique pour réguler le scalping, pas une décision législative.

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