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Minotaure et Le Corset dominent les sorties cinéma avec deux films de festival

Cinq longs métrages à l’affiche cette semaine offrent des profils très contrastés. Minotaure, adaptation russe d’un classique de Chabrol en compétition pour l’Oscar, s’impose en priorité absolue. Le Corset, film d’animation français, complète l’offre « à voir ». Les autres films – Les Misérables, Street Fighter et Mochy – incarnent des attentes moins urgentes.

La programmation révèle une vraie disparité d’enjeux. Deux films sortis de festivals majeurs opposent la gravité politique à la tendresse de l’enfance. Les trois autres répondent à des formules plus éprouvées: la superproduction littéraire, le blockbuster d’action, l’animation commerciale.

Minotaure: la démesure politique en film

Andreï Zviaguintsev, cinéaste russe en exil, propose un thriller de 2 h 20 qui transpose La Femme infidèle, de Chabrol, en Russie 2022. Le film a remporté le Grand Prix à Cannes et représente la France aux Oscars du meilleur film international. Formellement rigoureux, Zviaguintsev construit chaque plan pour qu’il pèse: gestes films dans leur durée, leur cruauté, leur absurdité. L’Ukraine n’est jamais nommée, mais la guerre occupe le paysage et l’atmosphère de bout en bout. La décomposition du couple devient le miroir de l’effondrement moral d’une nation. Le Figaro lui attribue 3,5 sur 4.

Le Corset: l’initiation par l’animation 2D

Louis Clichy réalise son premier long métrage en animation: 1 h 30 de sensibilité visuelle puisée dans ses propres souvenirs. L’animation 2D vibrante soutient une fable sur la différence, la famille et la nécessité de rêver pour survivre. Le film a reçu le Prix spécial du jury au Festival Un Certain Regard à Cannes, puis trois prix au Festival d’Annecy. Le Figaro estime que ce bijou s’impose comme l’une des réussites du cinéma français récent, avec la note de 3 sur 4.

Les Misérables: superproduction sans style propre

Fred Cavayé livre un drame de 2 h 56 issu du roman de Victor Hugo. Le film s’inscrit dans une série française de révisions de classiques – Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo – conçues comme des superproductions pilotées par des scénaristes entourés d’équipes techniques rodées, plutôt que par un metteur en scène dominant. Cavayé, venu du polar avant de bifurquer vers la comédie, maîtrise la technique: il sait découper une scène, la charger de lyrisme, monter des barricades dramatiques. Mais il ne semble pas apporter de vision singulière au texte de Hugo. Le Figaro octroie 2,5 sur 4.

Deux films en retrait

Street Fighter, adaptation du jeu d’arcade, confie à Kitao Sakurai la réalisation d’un film d’action de 2 h. Trente ans après la version avec Jean-Claude Van Damme, Ryu et Ken Masters, deux combattants autrefois inséparables, replongent dans l’arène sous le recrutement de Chun-Li pour le World Warrior Tournament. Le Figaro n’a pas vu le film.

Mochy, animation de 1 h 25 réalisée par Jérémie Degruson et Yanis Belaïd, suit un jeune chien au grand cœur qui aspire à participer à un exigeant concours canin. Son rêve implicite: trouver un maître qui l’aimera pour toujours. Le Figaro ne l’a pas visionnée.

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