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100€ dépensés, 1,4 million d’euros gagnés, un Picasso authentique, ce que ce Français n’attendait vraiment pas

Un ingénieur parisien de 25 ans a remporté le “Portrait de Dora Maar” de Pablo Picasso, estimé à 1,4 million d’euros, en participant à une tombola caritative organisée par Aider les Autres. Pour 100 euros de participation, il décroche l’une des œuvres les plus convoitées de l’art moderne.

L’opération “Un Picasso pour 100 euros” a trouvé son gagnant le 18 décembre 2025. Parmi les 200 000 participants, c’est David Nahmad, jeune ingénieur informatique résidant dans le 15e arrondissement, qui a décroché le gros lot. “Je ne suis pas joueur par nature”, confie-t-il, encore sous le choc de sa victoire. Une déclaration qui contraste avec l’ampleur de son gain : le “Portrait de Dora Maar” peint par Picasso en 1938.

L’œuvre représente Dora Maar, photographe et peintre française qui fut la compagne de Picasso pendant près de dix ans. Expertisée par Christie’s et Sotheby’s, elle affiche une valeur estimée entre 1,2 et 1,6 million d’euros selon les dernières cotations du marché de l’art contemporain.

Une tombola qui collecte 20 millions d’euros pour la recherche sur Alzheimer

L’association Aider les Autres, organisatrice de cette loterie inédite, a réussi son pari : sensibiliser le grand public à la cause d’Alzheimer tout en collectant des fonds. Avec 200 000 billets vendus à 100 euros l’unité, l’opération génère exactement 20 millions d’euros de recettes brutes.

Après déduction des frais d’organisation et de la valeur de l’œuvre mise en jeu, ce sont 18,1 millions d’euros qui seront intégralement reversés à la Fondation pour la Recherche Médicale. Une somme qui permettra de financer trois programmes de recherche sur cinq ans, selon les estimations de la fondation.

“C’est un succès qui dépasse nos espérances”, déclare Marie Dubois, directrice d’Aider les Autres. L’association avait initialement fixé un objectif de 150 000 participations. La médiatisation de l’événement et la rareté de l’œuvre proposée ont finalement attiré 33 % de participants supplémentaires.

Cette mécanique de tombola caritative autour d’œuvres d’art n’est pas une première. En 2019, une opération similaire organisée au Royaume-Uni avait permis de collecter 4,2 millions de livres pour la recherche contre le cancer, avec à la clé un Van Gogh estimé à 800 000 livres.

David Nahmad face au dilemme : garder ou vendre son Picasso

Pour David Nahmad, la victoire pose désormais une question pratique de taille : que faire d’un tableau d’une telle valeur ? “Mon appartement mesure 45 mètres carrés”, plaisante-t-il. “Je n’ai pas vraiment l’infrastructure pour accueillir un Picasso dans de bonnes conditions.”

Les experts recommandent un environnement climatisé, une hygrométrie contrôlée entre 45 et 55 %, et un système de sécurité adapté. Autant de contraintes qui représentent un investissement annuel de 15 000 à 20 000 euros selon les estimations des conservateurs.

L’option de la vente reste la plus réaliste. Les droits de succession sur une œuvre d’art de cette valeur s’élèvent à 45 % de sa valeur d’expertise, soit environ 630 000 euros. Une fiscalité qui incite souvent les gagnants de ce type de loterie à céder rapidement leur lot.

“Je vais prendre le temps de réfléchir”, tempère David Nahmad. “Mais il est probable que je mette l’œuvre en vente d’ici six mois.” Une décision qui pourrait lui rapporter, après taxes et commissions de vente, entre 800 000 et 900 000 euros nets.

Le marché des tombolas caritatives en pleine expansion
Le marché des tombolas caritatives en pleine expansion

Le marché des tombolas caritatives en pleine expansion

Cette opération s’inscrit dans une tendance de fond : la démocratisation de l’accès aux œuvres d’art via des mécaniques de jeu. En France, douze associations ont organisé des tombolas similaires depuis 2020, générant au total 45 millions d’euros de collectes.

Le succès de la formule tient à son accessibilité. Pour 100 euros, n’importe qui peut prétendre acquérir une œuvre habituellement réservée aux collectionneurs fortunés. “C’est un pont entre deux mondes”, analyse Christine Macel, critique d’art et ancienne curatrice du Centre Pompidou.

Les associations y trouvent également leur compte. Le rendement de ces opérations dépasse largement celui des campagnes de dons traditionnelles. Là où un appel aux dons classique génère en moyenne 50 euros par donateur sollicité, ces tombolas atteignent des moyennes de 100 euros par participant.

La Commission des Jeux de Hasard a validé le caractère légal de ces opérations, à condition qu’elles soient organisées par des associations reconnues d’utilité publique et que l’intégralité des bénéfices soit reversée à des œuvres caritatives.

L’effet d’entraînement est déjà visible : trois nouvelles tombolas de ce type sont programmées pour le premier semestre 2026, avec à la clé un Monet, un Renoir et une sculpture de Rodin.

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