Mike Flanagan adapte « Carrie » en série pour Prime Video. Le réalisateur transpose le roman de Stephen King (1974) dans le contexte contemporain: une adolescente élevée selon des principes ultra-religieux, scolarisée à domicile, est projetée dans un lycée public où elle fait face au harcèlement amplifié par les réseaux sociaux.
Dans ce premier roman de Stephen King, paru en 1974 et porté à l’écran par Brian De Palma en 1976, Carrie White incarne l’adolescente écrasée par l’autoritarisme maternel. Sa mère, figure maternelle au puritanisme rigide, maintient l’héroïne enfermée dans un univers religieux étouffant. Le basculement survient lors du premier contact avec le monde réel-incarné par l’arrivée des premières règles dans une scène de vestiaire qui fait partie de la mythologie du roman.
Une Carrie ancrée dans 2026
Flanagan ne rejette pas cette architecture narrative. Il la transplante. L’isolement religieux devient scolarisation à domicile par des parents en opposition déclarée avec la laïcité. L’école devient champ de bataille social médiatisé. Le harcèlement ne se limite plus aux murs du lycée: il s’éternise sur les réseaux, où chaque humiliation se réplique, s’amplifie, se conserve. L’héroïne développe ses forces télékinésiques non dans les années 1970, mais dans un univers de smartphones et de viralité.
Summer H. Howell incarne Carrie. L’interprétation est notée comme touchante selon la critique.
L’adaptation respecte le noyau dur du récit kingien-l’éducation répressive face à l’ordre social-tout en le resituant dans ses tenants réels. Flanagan signe une série qui ne modernise pas pour la forme, mais pour dire quelque chose de vrai sur la solitude adolescente d’aujourd’hui.
