Un Toshiba Libretto 50, ultraportable de luxe sorti en 1997, a été repéré en septembre 2026 dans une boutique d’Akihabara à Tokyo au prix de 140 €. À sa commercialisation, ce premier PC portable équipé d’un Pentium coûtait entre 1 590 et 1 730 € (ajusté à l’inflation), marquant une chute spectaculaire de son prix après trois décennies.
Le 7 janvier 1997, Toshiba introduisait son Libretto 50 sur le marché japonais en révolutionnant le concept du PC portable. Ses dimensions réduites – 210 x 115 x 34 mm pour 850 grammes – tranchaient radicalement avec les machines de base qui pesaient plusieurs kilos à l’époque.
Un concentré de technologie pour l’époque
Le Libretto 50 embarquait un processeur Intel Pentium cadencé à 75 MHz, 16 Mo de mémoire vive et un disque dur de 810 Mo. L’écran affichait la couleur avec une résolution de 640 x 480 pixels sur une diagonale de 15 x 5 cm. Le clavier comprenait 80 touches et disposait d’une technologie de pointage intégrée près de l’écran. Sous le capot fonctionnaient Windows 95 avec Word 95, Excel 95 et Internet Explorer 3.
Pour parvenir à miniaturiser ces composants, Toshiba avait développé une carte mère optimisée pour l’évacuation thermique. Les plaques en magnésium, positionnées au-dessus et au-dessous, ne mesuraient que 0,7 mm d’épaisseur. L’autonomie atteignait jusqu’à deux heures, ou quatre heures pour les versions dotées de batteries plus volumineuses.
Un produit premium pas accessible au grand public
À son lancement, le Libretto 50 se vendait entre 228 000 et 248 000 yens, soit l’équivalent de 1 590 à 1 730 € aux prix de l’époque. En tenant compte de l’inflation, ces montants correspondent à 2 490 à 2 710 € en valeur actuelle. Il s’agissait d’un appareil de niche destiné à une clientèle haut de gamme, loin d’être un objet pour le grand public.
L’utilité de ce portable était également limitée par sa dépendance aux accessoires externes. Pour connecter un écran supplémentaire ou multiplier les périphériques, l’utilisateur devait recourir à un adaptateur fourni avec le machine ou à des modules additionnels vendus séparément – lecteur de disquette externe ou modem incluant notamment.
Une diffusion limitée au-delà du Japon
Le Libretto 50 n’était pas un produit exclusif au marché japonais. En juin 1997, Toshiba commercialisait une version américaine au prix de 1 999 dollars, avec une fiche technique identique. Toshiba a également créé une variante encore plus rare, le Libretto 50M, destinée à l’assureur japonais Meiji Life avec un écran tactile. Cette version n’a jamais été proposée au grand public, bien que des collectionneurs aient pu en acquérir depuis.
Cette dégringolade reflète le destin des appareils informatiques obsolètes: une fois leur date de lancement dépassée, même les modèles les plus sophistiqués de leur époque voient leur valeur s’effondrer, transformant les anciennes machines premium en pièces de collection accessibles à bas coût.
