Un endocrinologue italien a proposé en 2016 une nouvelle hypothèse sur la cause de la mort de Simonetta Vespucci, muse présumée de Botticelli, décédée en 1476 à l’âge de 23 ans. La tuberculose, longtemps retenue, est remise en question par un détail anatomique peint sur une œuvre rarissime de l’artiste.
Paolo Pozzilli, professeur émérite à l’université Campus Bio-Medico de Rome et spécialiste des hormones et du métabolisme, est tombé sur une œuvre inhabituelle lors de l’exposition « Botticelli Reimagined » au Victoria and Albert Museum de Londres. Le tableau, intitulé Portrait allégorique d’une femme et daté d’environ 1490, provient d’une collection privée et est rarement exposé. Il représente une femme dont le sein laisse jaillir du lait – une référence au thème de la Maria lactans, la Vierge allaitante.
Un détail anatomique face à une énigme biographique
Ce que Pozzilli trouve troublant, c’est la tension entre cette représentation et ce que les historiens savent de Simonetta Vespucci : la jeune Génoise n’a pas eu d’enfants durant son mariage avec Marco Vespucci, alors que ce dernier en a eu après s’être remarié. Les historiens considèrent qu’elle était probablement infertile. La présence de lait maternel sur ce tableau – traditionnellement associé à Simonetta – constitue donc, aux yeux du médecin, un indice médical à creuser plutôt qu’un simple choix iconographique.
La source ne détaille pas les conclusions auxquelles Pozzilli est parvenu, l’article du Monde étant réservé aux abonnés au-delà de ce point. Ce qui est établi : la tuberculose avait jusqu’ici cours comme explication officieuse de la mort brutale de la jeune femme à 23 ans, et un chercheur en médecine propose une lecture différente à partir d’un tableau de Botticelli peint une quinzaine d’années après sa disparition.
