Aaron Sorkin adapte au cinéma les révélations de 2021 sur les dégâts causés par Facebook et Instagram. Le film, intitulé The Social Reckoning, met en scène Jeremy Allen White et Mikey Madison dans les rôles du journaliste Jeff Horwitz et de la lanceure d’alerte Frances Haugen.
Le scénariste américain de 65 ans revient à la réalisation avec ce projet centré sur les articles retentissants publiés au Wall Street Journal en 2021. Ces enquêtes, nourries par des documents confidentiels exfiltrés de Facebook et d’Instagram, ont exposé comment les dirigeants des deux plateformes connaissaient précisément les effets toxiques de leurs algorithmes sur leurs utilisateurs. Mark Zuckerberg figurait parmi les responsables visés par ces révélations concernant les impacts sur la santé mentale, le climat politique et la vie sociale.
Un cinéaste aux antécédents reconnus
Sorkin a bâti sa réputation sur des œuvres télévisées et cinématographiques d’envergure. À la Maison Blanche (2001-2006) et The Newsroom (2012-2014) l’ont établi comme maître du dialogue politique et journalistique. The Social Network (2010), réalisé par David Fincher d’après un scénario de Sorkin, demeure sa création la plus influente au cinéma. Le film Le Stratège (2011), également basé sur son travail, complète ce palmarès au niveau du scénario pur.
Réalisation: un point faible récurrent
Lorsque Sorkin passe lui-même à la mise en scène, les résultats fléchissent. Le Grand Jeu (2018), Les Sept de Chicago (2020) et Being the Ricardos (2021) n’ont pas produit l’impact attendu malgré des sujets solides. Cette trajectoire illustre une distinction fondamentale au cinéma: excellence en scénario n’égale pas excellence en réalisation. La tendance actuelle, réduisant souvent l’art cinématographique à ses seuls sujets, tend à négliger cette différenciation.
The Social Reckoning demeure néanmoins une entreprise ambitieuse: adapter une enquête journalistique de portée mondiale sur l’une des plus grandes controverses technologiques de la décennie passée.
