L’exploit fonctionne sur le firmware 23.0.1, déployé par Nintendo le 30 septembre, et passe par SmileBASIC 4 en s’appuyant sur la rétrocompatibilité. Il reste fragile, car il disparaît à chaque redémarrage.
Seize mois après son lancement, la Switch 2 “tombe” sans puce soudée, via une chaîne d’attaque qui combine un logiciel de programmation déjà connu des joueurs Switch, une faiblesse liée à la rétrocompatibilité, et un agent d’OpenAI mobilisé comme outil de recherche.
Ce que permet le jailbreak ns2jb, et sur quelle version il fonctionne
Sammy Hajhamid décrit ns2jb comme un jailbreak purement logiciel de la Switch 2, compatible avec le firmware 23.0.1, version publiée par Nintendo le 30 septembre. D’après sa présentation, l’exploit ouvre la porte aux homebrews, à la modification des jeux et à l’extraction des sauvegardes.
La démonstration mise en avant passe par Mario Kart World, exclusivité Switch 2, avec l’intégration de personnages comme Peter Griffin, Hatsune Miku, Red d’Angry Birds et Walter White.
Le rôle de Codex (OpenAI) et la piste qui a fini par payer
Le chercheur explique avoir construit un banc d’essai réunissant une Switch et une Switch 2. Deux boîtiers JetKVM servent à donner à Codex, l’agent de programmation d’OpenAI, un accès à l’écran et aux contrôles, tandis qu’un petit robot Bluetooth appuie sur le bouton d’alimentation en cas de plantage.
Codex a d’abord exploré une attaque via WebKit, sans résultat. La suite s’est jouée sur la rétrocompatibilité: Hajhamid indique que les jeux Switch 1 ont été compilés pour une machine qui n’avait pas la protection PAC. Dans SmileBASIC 4, l’outil de programmation de SmileBoom, Codex a identifié un dépassement d’entier lié à la commande REMOVE. Hajhamid dit ensuite avoir trouvé une seconde faille dans le module de gestion des fichiers, lui permettant d’obtenir une exécution de code avec les droits des services système.

Un exploit “tethered”, et une fenêtre de correction pour Nintendo
Le jailbreak est présenté comme “tethered”: il ne survit pas à un redémarrage. GBAtemp précise que la méthode exige SmileBASIC 4 en version 4.4.9 et un PC connecté sur le même réseau local. Aucun équivalent d’un firmware modifié permanent, “façon Atmosphère sur Switch 1”, n’est annoncé à ce stade.
Un autre développeur, Gezine, à l’origine d’un exploit distinct révélé en juillet, dit avoir échangé avec pepsipu et considère le travail “légitime, en apparence“.
La marge de manœuvre de Nintendo est aussi évoquée via un précédent: en 2016, le SmileBASIC de la 3DS avait été retiré près d’un mois de l’eShop nord-américain après une faille jugée similaire. Hajhamid indique anticiper une réponse de Nintendo et envisage déjà de déplacer son approche vers le navigateur intégré, qu’il estime que Kyoto ne peut pas retirer de la vente.
