Paris inaugure la rue Michel Blanc dans le 4e arrondissement, quatre mois après la disparition de l’acteur du Splendid. Cette dénomination honore l’interprète de Patrice Leconte et Pierre Richard, décédé le 3 octobre 2024 à l’âge de 72 ans.
La plaque de la nouvelle rue Michel Blanc a été dévoilée mardi matin dans le quartier du Marais, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo et de plusieurs membres de la troupe du Splendid. Cette artère de 150 mètres, située entre la rue des Rosiers et la rue Pavée, rend hommage à l’un des visages les plus familiers du cinéma français populaire.
L’initiative s’inscrit dans une démarche plus large de la municipalité parisienne pour honorer les figures artistiques contemporaines. Depuis 2020, quinze nouvelles rues ont été baptisées du nom de personnalités culturelles, marquant une volonté d’ancrer la création française dans l’espace urbain.
Une carrière de plus de cinquante ans saluée par ses pairs
Michel Blanc avait débuté sa carrière en 1973 au sein de la troupe du Splendid, aux côtés de Gérard Jugnot, Christian Clavier et Thierry Lhermitte. Cette collaboration artistique, née dans un petit théâtre du 5e arrondissement, allait révolutionner la comédie française des années 1980.
Le succès des Bronzés en 1978, suivi des Bronzés font du ski en 1979, avait propulsé l’acteur au premier rang de la comédie populaire. Ces deux films totalisent aujourd’hui plus de dix millions d’entrées cumulées, établissant Michel Blanc comme une référence du genre.
Mais l’acteur avait également su diversifier son registre, notamment avec Tenue de soirée de Bertrand Blier en 1986, qui lui avait valu le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Cette reconnaissance internationale avait confirmé ses qualités dramatiques, souvent occultées par son image de comique.
Sa filmographie compte plus de quatre-vingts films, oscillant entre comédies grand public et œuvres d’auteur. De Marche à l’ombre en 1984 à Embrassez qui vous voudrez en 2002, Michel Blanc avait incarné une certaine vision de la France populaire, celle des petits employés et des laissés-pour-compte.
Le Marais, territoire d’élection pour les hommages culturels
Le choix du 4e arrondissement pour cette dénomination n’est pas fortuit. Le Marais concentre déjà plusieurs rues dédiées à des figures artistiques, notamment la rue Jean Tinguely inaugurée en 2022 et la place Igor-Stravinsky créée dans les années 1980.
Si vous vous baladez à Paris, dans le quartier du Marais, vous pourrez désormais passer par la rue Michel Blanc. La capitale française a ainsi décidé de saluer la mémoire du célèbre comédien, disparu brutalement le 3 octobre 2024 à 72 ans. Ses complices du Splendid, Josiane… pic.twitter.com/tyV3leKR37
— AlloCiné (@allocine) April 20, 2026
Ce quartier historique, devenu épicentre culturel parisien, abrite de nombreuses institutions artistiques : le Centre Pompidou, la Maison de Victor Hugo ou encore plusieurs galeries d’art contemporain. L’implantation d’une rue Michel Blanc renforce cette dimension culturelle du territoire.
La procédure administrative pour cette dénomination avait été accélérée, selon les services de la mairie. Habituellement, un délai de cinq années minimum est requis après le décès d’une personnalité pour envisager un hommage de cette nature. L’exception accordée à Michel Blanc témoigne de l’impact de sa disparition sur le paysage culturel français.
Josiane Balasko, présente lors de la cérémonie, a salué cette initiative : “Michel aurait ri de voir son nom sur une plaque de rue. Lui qui se moquait de tout, y compris de sa propre notoriété.” L’actrice avait partagé l’affiche avec lui dans plusieurs productions du Splendid.

Une reconnaissance qui interroge les critères de la postérité
Cette dénomination soulève des questions sur les mécanismes de reconnaissance artistique posthume. Michel Blanc rejoint ainsi le panthéon des acteurs honorés par la ville de Paris, aux côtés de Jean Gabin (rue Jean-Gabin dans le 20e) ou de Romy Schneider (square Romy-Schneider dans le 6e).
La rapidité de cette décision contraste avec d’autres dossiers en attente. Plusieurs associations réclament depuis des années la création d’une rue Annie Girardot ou Claude Sautet, sans succès. Les critères de sélection restent opaques, alimentant parfois des polémiques sur les choix municipaux.
L’hommage rendu à Michel Blanc illustre également l’évolution du regard porté sur la comédie populaire. Longtemps considéré comme un genre mineur par la critique, ce cinéma trouve aujourd’hui sa place dans la mémoire collective urbaine. La rue Michel Blanc devient ainsi le symbole d’une reconnaissance tardive mais assumée.
Les commerçants du quartier se félicitent de cette nouvelle dénomination, espérant qu’elle renforcera l’attractivité touristique de ce secteur déjà très fréquenté. Le café situé à l’angle de la nouvelle rue a d’ores et déjà annoncé la création d’un “menu Michel Blanc”, clin d’œil assumé à la gourmandise légendaire de l’acteur.
