Christopher Nolan, le maître de la projection en grand format, vient de valider le Pathé Odysseum de Montpellier, seul cinéma équipé d’un écran IMAX 70 mm en France. « C’est parfait! », a déclaré le réalisateur, confirmant que cette salle est l’endroit privilégié pour découvrir son dernier film, « L’Odyssée », phénomène cinéma de l’été.
Montpellier devient ainsi le point de passage obligatoire pour les cinéphiles français en quête d’expérience maximale. Le format IMAX 70 mm représente l’apothéose de la projection cinématographique: image surplombante, son immersif, définition cristalline. Un format que Nolan, depuis « Oppenheimer » et « Inception », n’a cessé de défendre comme le seul vecteur authentique de son art.
Un cinéma aux standards hollywoodiens
Le Pathé Odysseum de Montpellier ne ressemble pas aux multiplexes standardisés. Cette salle unique en France pour la technologie IMAX 70 mm se dresse comme une exception architecturale et technologique. Seules les grandes métropoles mondiales possèdent des écrans de cette envergure: Tokyo, New York, Londres, Los Angeles.
Pour Nolan, qui a toujours refusé la compression numérique, l’existence même d’une telle salle en France est un événement. Le cinéaste britannique a construit toute sa carrière sur le principe que le cinéma ne doit pas être réduit à une image aplatie sur écran classique. L’Odyssée exige l’intégrité du format: perspectives géométriques, jeux d’échelle, détails architecturaux que seul IMAX 70 mm peut restituer sans perte.
Pourquoi Montpellier et pas Paris?
La question paraît incongrue. Paris, capitale cinématographique française, ne dispose pas d’IMAX 70 mm. C’est une anomalie qui reflète les choix des exploitants historiques: les multiplexes parisiens ont investi dans IMAX laser ou projection numérique standard, formats moins exigeants en termes de coûts d’exploitation et de maintenance.
Montpellier, ville de taille intermédiaire, s’est positionnée différemment. Le Pathé Odysseum a misé sur l’excellence plutôt que la rentabilité maximale, attirant ainsi une clientèle cinéphile régionale et nationale prête à faire le détour. Un calcul gagnant: en validant la salle, Nolan lui offre une caution internationale et une attraction durable.
Le phénomène « L’Odyssée »
« L’Odyssée » a émergé comme l’événement cinéma de l’été 2026. Le film de Nolan attire les foules autour d’une promesse: trois heures de cinéma immersif dans un format que la plupart des spectateurs français ne connaissent pas. Le format IMAX 70 mm, réservé autrefois aux documentaires et productions à très gros budgets, retrouve ses lettres de noblesse.
Les cinémas français traditionnels, équipés de projecteurs numériques, ne peuvent proposer que une approximation de l’expérience. Montpellier devient ainsi le passage incontournable pour ceux qui refusent le compromis. La validation de Nolan – « C’est parfait! » – n’est pas rhétorique. Elle établit une hiérarchie claire des salles, une classification du cinéma en France.
Un format menacé par la transition numérique
Depuis quinze ans, le cinéma français s’est converti au numérique. IMAX laser, projection 4K, DCI 2K: les labels se multiplient, les formats se fragmente. Or, le 70 mm argentique représente un anachronisme coûteux pour les exploitants. Les projectionnistes doivent maîtriser une mécanique précise. Les bobines de film coûtent cher. L’usure du matériel est constant.
L’Odysseum de Montpellier incarne donc une résistance. Ses dirigeants ont choisi de conserver et d’entretenir une technologie qui aurait pu être abandonnée. Nolan, en apposant sa caution, transforme ce choix conservateur en acte de cinéphilie. Le cinéaste a toujours mené campagne contre la numérisation systématique, argumentant que le film argentique offre une latitude de couleurs et une granularité irremplaçables.
« L’Odyssée » reste en salle cet été. Les cinéphiles montpelliérains auront quelques semaines pour traverser la France et redécouvrir le cinéma en son format maximal. Pour les autres, c’est l’occasion de questionner leur propre rapport à la salle obscure: acceptent-ils un compromis numérique, ou sont-ils prêts à faire un détour pour l’authenticité?
