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Intervilles reporté, 2 villes prêtes, décors installés, ce que France 2 doit expliquer aux fans du jeu culte

France Télévisions annule définitivement la saison 2 d’Intervilles prévue pour l’été 2026 et repousse le projet à 2027. Les villes candidates étaient déjà sélectionnées et les décors préparés pour un retour qui n’aura finalement pas lieu.

La décision tombe comme un couperet. Après le succès relatif de la première saison relancée en 2025, avec une moyenne de 3,2 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie, France 2 fait machine arrière. L’émission mythique créée en 1962 ne retrouvera pas l’antenne cet été, laissant sur le carreau une quinzaine de municipalités qui s’étaient déjà mobilisées.

Cette annulation intervient dans un contexte de restrictions budgétaires imposées à France Télévisions, qui doit économiser 50 millions d’euros sur ses programmes de flux d’ici fin 2026.

Un budget de production de 8 millions d’euros jugé trop lourd

Les chiffres expliquent en partie cette volte-face. Chaque saison d’Intervilles coûte environ 8 millions d’euros à France Télévisions, soit près de 400 000 euros par émission de prime time. Ce montant inclut la construction des décors sur mesure, le déplacement des équipes techniques, l’hébergement des participants et la rémunération des animateurs.

Pour comparaison, une soirée de Questions pour un champion – autre programme touché par les coupes budgétaires – revient à moins de 150 000 euros par numéro. L’équation économique devient difficile à justifier pour une direction qui doit arbitrer entre rentabilité et service public.

La production déléguée à Satisfaction, société dirigée par Pierre-Antoine Capton, avait pourtant optimisé les coûts par rapport aux versions précédentes. Les décors gonflables remplaçaient désormais les structures métalliques, réduisant de 30% les frais de transport et de montage.

L’animateur Nagui, qui devait reprendre les rênes de l’émission après Guy Lux et Jean-Luc Reichmann, a exprimé sa “déception” sur les réseaux sociaux, sans pour autant critiquer ouvertement la décision de sa direction.

Quinze villes candidates laissées sur le carreau

Le report affecte directement les collectivités territoriales qui avaient candidaté pour accueillir les épreuves. Béziers, Châteauroux ou encore Troyes figuraient parmi les villes présélectionnées, selon des sources proches de la production.

Ces municipalités avaient déjà engagé des frais de préparation : location d’espaces, mobilisation des services techniques, communication locale. Pour Béziers, l’investissement municipal était estimé à 25 000 euros, incluant la mise à disposition du stade de la Méditerranée et la coordination avec les associations locales.

Le maire de Châteauroux, Gil Avérous, avait même annoncé la participation de sa ville lors du conseil municipal de décembre 2025, promettant “un moment de fête populaire exceptionnel” pour les habitants. La déconvenue est d’autant plus forte que l’émission représentait un levier d’attractivité touristique non négligeable.

Au-delà de l’aspect financier, c’est la dimension symbolique qui pique : Intervilles incarne depuis six décennies l’image d’une France festive et solidaire, loin des clivages politiques habituels.

France Télévisions face à une restructuration massive de ses programmes
France Télévisions face à une restructuration massive de ses programmes

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Cette annulation s’inscrit dans un mouvement plus large de rationalisation des coûts au sein du groupe public. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a annoncé en janvier la suppression de plusieurs centaines de postes d’ici 2027, dans le cadre du plan “France Télévisions 2030”.

Les programmes de flux sont particulièrement visés. Questions pour un champion voit ainsi sa fréquence réduite, passant de cinq à quatre émissions hebdomadaires. Fort Boyard pourrait subir le même sort, avec une saison raccourcie de deux épisodes.

Cette politique de compression budgétaire répond à une baisse structurelle des recettes publicitaires, estimée à 12% en 2025 par l’ARCOM. Les audiences en recul sur les créneaux traditionnels poussent les annonceurs vers les plateformes de streaming et les réseaux sociaux.

L’exécutif n’écarte pas une réforme du financement de l’audiovisuel public, après la suppression de la redevance télé en 2022. Le budget alloué à France Télévisions, aujourd’hui de 2,8 milliards d’euros, pourrait être revu à la baisse dans le cadre des économies budgétaires nationales.

Pour Intervilles, l’espoir d’un retour en 2027 reste entier, mais conditionné à une amélioration de la situation financière du groupe. En attendant, les nostalgiques de Guy Lux devront patienter encore deux ans avant de retrouver les joies des jeux d’eau et des costumes improbables.

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