Cinq films occupent les écrans cette semaine du 7 octobre, du plus léger au plus substantiel. Isabelle Huppert en figurante aspirant à davantage, une réalisatrice qui sonde l’intimité familiale au Costa Rica, un drame sur la virilité dans une communauté kabarde du New Jersey, un huis clos entre un chef d’orchestre et son admirateur, et enfin une enquête sur les rouages de Facebook.
Les salles de cinéma proposent un panel éclectique: des comédies de coulisses, des explorations psychologiques, des drames sociaux et un documentaire-fiction sur les réseaux sociaux. Chaque titre s’adresse à des attentes différentes.
Deux regards sur le milieu artistique
“Ni vue, ni connue” met en scène Isabelle Huppert dans un rôle de figurante qui rêve de percer au cinéma. Son personnage, Corinne Maclou – mesurant 1,58 m, de taille de veste 34, aux yeux verts – enchaîne les tournages sans jamais obtenir un vrai rôle. Sur un plateau, elle rencontre Sandrine Kiberlain, avec qui naît une amitié improbable. Le film mêle tendresse, humour et critique acérée envers un secteur implacable, tout en célébrant la ténacité de ceux qui aspirent à sortir de l’anonymat. L’alchimie Kiberlain-Huppert porte le film.
“Fausse note” adopte un format très différent: un huis clos entre Benoît Poelvoorde et Kad Merad. Lors d’un concert à Paris, un chef d’orchestre renommé se voit confronté à un admirateur obsédant qui se révèle bien plus que ce qu’il paraît. Cet étranger le force à affronter un passé qu’il croyait enfoui. Réalisé par Alexandre Arcady, le film joue sur le suspense et l’affrontement savoureux entre ses deux protagonistes, ponctuée de séquences stylisées et d’une conclusion marquée.
Retours et immersion dans des mondes fermés
“Ton animal maternel” suit Elsa de retour au Costa Rica après ses études en Europe. Elle y retrouve sa sœur Amalia, seule dans la maison familiale et de plus en plus inaccessible, rongée par des croyances ésotériques. Cette réunion force les trois femmes – mère, fille, sœur – à questionner le lien qui les unit. La réalisatrice Valentina Maurel poursuit l’exploration des dynamiques complexes en famille, cette fois teintée d’onirisme. L’atmosphère surréaliste enveloppe un drame intime.
“Butterfly Jam” plonge dans une communauté kabarde immigrée du New Jersey. Pyteh, un adolescent d’origine kabarde, oscille entre les tapis de lutte et le restaurant tcherkesse familial où travaille son père monoparental. Le réalisateur Kantemir Balagov dissèque la relation père-fils sous le poids d’une masculinité toxique qui étouffe la communauté. Le film se décrit comme bouleversant, révélant les plaies d’une virilité oppressante.
Enquête sur le pouvoir des données
“The Social Reckoning” revient sur les Facebook Files – ces révélations gênantes ayant émergé après la pandémie de Covid-19 – et sur le rôle de Mark Zuckerberg dans la gestion de la liberté d’expression sur son réseau. Réalisé et écrit par Aaron Sorkin, le film reconstruit la saga avec une tension documentaire remarquable, appuyée sur 17 articles du Wall Street Journal parus en 2021. Le projet vise à informer les 3 milliards d’utilisateurs de Facebook sur ces scandales et sur les lanceurs d’alerte à l’origine de ces exposés.
